IA, cybersécurité, Dolibarr et assurance

Le nouveau triangle des risques pour les entreprises

En tant que membre du groupe Comuniteam, Run Innovation a participé au podcast diffusé le 29 juillet 2026, consacré aux enjeux de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la cyber-assurance. À cette occasion, Thierry, dirigeant de Run Innovation, a pris part à une table ronde aux côtés de François, expert en infrastructures et cybersécurité, Gérard, spécialiste de la cyber-assurance, et Nicolas, expert en analyse des données et en intelligence artificielle. Ensemble, ils ont partagé leurs expériences et leurs points de vue sur les nouveaux défis auxquels sont confrontées les entreprises face à l’essor de l’IA.

Quand l’intelligence artificielle réécrit les règles du jeu

L’intelligence artificielle générative est en train de bouleverser tous les secteurs d’activité. Elle promet des gains de productivité spectaculaires, une automatisation sans précédent et des innovations jusqu’alors inimaginables. Mais comme toute révolution technologique, elle porte en elle des germes de vulnérabilités nouvelles. Jamais dans l’histoire de l’informatique, la menace n’a évolué aussi vite, et jamais les entreprises n’ont été aussi exposées sans toujours en avoir pleinement conscience.

C’est ce constat alarmant mais lucide qui émerge d’une conversation entre François, expert en cybersécurité ayant œuvré pour des organismes gouvernementaux, Gérard, courtier en assurances spécialisé dans les risques numériques, et Nicolas, spécialiste des infrastructures et de la donnée. Leurs échanges dessinent les contours d’un nouveau paysage du risque, où l’IA joue le rôle d’accélérateur, de multiplicateur et parfois de révélateur de fragilités structurelles.

La question n’est donc plus de savoir si une entreprise sera ciblée un jour.

La véritable question est : est-elle prête ?

Des attaques plus rapides, plus nombreuses, plus efficaces

L’un des changements les plus radicaux introduits par l’IA concerne la capacité à mener des attaques informatiques à grande échelle avec des moyens dérisoires. Là où il fallait autrefois une équipe de hackers aguerris pour préparer et exécuter une campagne malveillante, un seul individu équipé de modèles d’IA puissants peut désormais causer des dégâts considérables.

« Au lieu d’avoir une équipe de 10 gars qui vont t’attaquer, ils auront besoin que d’un médiocre avec des IA puissantes et ils iront chercher tout ce qu’ils ont sur toi. »

Cette démocratisation de l’attaque informatique change profondément la donne. Les modèles de langage permettent d’automatiser des tâches complexes : rédaction de courriels de phishing hyper-personnalisés, analyse automatique de vulnérabilités, génération de code malveillant adapté aux cibles, et même imitation de voix ou de comportements pour du social engineering avancé.

La fin de l’avantage numérique des grandes organisations

Traditionnellement, les grandes entreprises disposaient d’une supériorité technologique et financière qui les protégeait des attaques les plus sophistiquées. Cette barrière s’effondre. Avec des modèles d’IA accessibles pour quelques dizaines d’euros par mois, la puissance offensive n’est plus l’apanage des États ou des groupes criminels organisés.

« En France, on voit des sites hackés par des petits jeunes qui ont dû s’aider un peu d’IA, et ça rentre comme dans du beurre. »

Une prise de conscience encore insuffisante

Dans de nombreuses PME, la cybersécurité reste perçue comme une dépense supplémentaire.

Les dirigeants investissent volontiers dans un nouvel ordinateur, un ERP, un site Internet ou un logiciel métier, mais beaucoup hésitent encore à financer la sécurisation de leurs données.

Pourtant, certains réflexes restent étonnamment peu répandus :

  • l’authentification multifacteur ;
  • les sauvegardes régulières ;
  • les sauvegardes externalisées ;
  • les plans de continuité d’activité ;
  • la sensibilisation des collaborateurs.

Ces mesures ne sont pourtant pas réservées aux grandes entreprises.

Elles constituent aujourd’hui les bases de toute stratégie de protection.

L’analogie des feux de forêt

Une comparaison particulièrement parlante peut être faite avec le mégafeu qui touche actuellement la Gironde.

Pour illustrer le paradoxe de la prise de conscience face aux menaces cyber, Gérard propose une analogie frappante avec les incendies qui ravagent notre région d’Aquitaine :

« Ça devient tellement incontrôlable que les gens qui n’ont pas fait le minimum pour préserver leurs biens se disent : de toute façon ça me dépasse, c’est l’État qui va s’occuper de moi. »

Tout le monde sait qu’il est indispensable de débroussailler autour d’une habitation.

Tout le monde sait également qu’une maison bien entretenue résistera mieux à un départ de feu.

Pourtant, beaucoup attendent qu’un incendie se déclare pour agir.

En cybersécurité, le mécanisme est identique.

Certaines entreprises pensent :

« Si je suis attaqué, je trouverai une solution. »

Ou encore :

« Cela n’arrive qu’aux autres. »

Malheureusement, lorsqu’une attaque survient, il est souvent trop tard pour mettre en place les protections de base.

Les garde-fous négligés

Pourtant, comme pour les feux de forêt où le débroussaillage autour de sa propriété peut faire la différence, des mesures simples existent en cybersécurité :

« La double authentification, c’est un truc de base. La sauvegarde des données, c’est un truc de base. C’est à peine partagé par 80 % des entrepreneurs en France. »

Ce décalage entre le risque perçu et les actions concrètes constitue le premier chantier à mener. La culture de la prévention ne s’improvise pas, et elle heurte de plein fouet des habitudes bien ancrées.

Le facteur humain reste la première faille

Malgré les progrès technologiques, les chiffres sont implacables :

« 70 % des réussites d’attaque, c’est du phishing, c’est du social engineering. »

La vulnérabilité humaine reste le principal vecteur d’intrusion. Les campagnes de sensibilisation (Security Awareness Training) sont donc essentielles. Pourtant, elles restent marginales dans les entreprises françaises.

Une demande qui émerge

Un signe encourageant néanmoins :

« La semaine dernière, un DAF m’a demandé de mettre en place des formations pour les salariés. C’est la première fois en trois ans qu’on reçoit cette demande. »

Cette prise de conscience progressive suggère que le message commence à passer, même si le chemin reste long.

La faille du Shadow IT

Un risque particulièrement insidieux réside dans le Shadow IT, ou Shadow IA :

« Le seul risque qui n’est pas contrôlable pour une entreprise, c’est le Shadow IT ou le Shadow IA. »

Avec la démocratisation des outils d’IA grand public, les employés utilisent de plus en plus des solutions non validées par la DSI. Ils y intègrent des données sensibles sans que l’entreprise en ait conscience, créant des fuites potentielles massives.

Les trois piliers de la survie numérique

Face à un environnement devenu hostiles, Nicolas identifie trois piliers fondamentaux pour toute entreprise :

1. La prévention active

Il s’agit de mettre en place toutes les mesures de cybersécurité possibles : authentification multi-facteurs, politiques de mots de passe robustes, filtrage des courriels, segmentation des réseaux, etc. Ces dispositifs ne sont pas infaillibles, mais ils augmentent considérablement le coût et la difficulté d’une attaque réussie.

2. La résilience opérationnelle

La résilience passe par la capacité à reconstruire après une attaque. Cela implique de disposer de sauvegardes hors site, déconnectées du système principal, afin de pouvoir repartir « from scratch » si nécessaire.

« La seule muraille, c’est la sauvegarde. Il faut des sauvegardes hors site, froides, complètement déconnectées. »

Cette approche reconnaît une vérité fondamentale : ce n’est pas une question de « si » mais de « quand » une attaque surviendra.

3. La garantie financière

L’assurance cyber constitue le troisième pilier. Elle ne protège pas contre l’attaque elle-même, mais permet de survivre à ses conséquences économiques :

« Tu prends ton assurance pour t’assurer financièrement que si ça met trois mois à remonter une société, tu peux avoir les reins suffisamment solides. »

Vibe Coding et responsabilité, le nouveau front juridique?

Le phénomène du Vibe Coding

Le « Vibe Coding » désigne cette pratique qui consiste à demander à une IA de générer du code sans nécessairement le comprendre en profondeur. Cette méthode, en plein essor, permet à des non-spécialistes de produire des applications fonctionnelles à grande vitesse.

Mais à quel prix ?

« Si tu demandes à un Vibe Codeur de décortiquer son code, il en est incapable. »

Que se passe-t-il quand ça plante ?

Imaginons Maurice, un indépendant qui utilise l’IA pour coder des applications. Il vend sa solution à une entreprise qui génère plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires. Un jour, l’application plante. Maurice ne peut pas la réparer car il ne maîtrise pas la structure du code généré. L’entreprise subit une perte d’activité prolongée.

« Qui est responsable ? Qui paye ? L’assurance prend-elle en charge ? »

Les réponses juridiques possibles

Plusieurs niveaux de réponse existent :

  1. Les clauses contractuelles : le prestataire doit inclure dans ses conditions générales de vente des limitations de responsabilité, typiquement plafonnées au montant de la prestation.
  2. L’assurance responsabilité civile professionnelle : elle peut couvrir les erreurs, omissions et négligences commises par le prestataire.
  3. Les limites du système : une clause de limitation de responsabilité à 5 000 € peut être contestée devant un tribunal si le préjudice réel est de 100 000 €.

« Devant un tribunal, ça se plaide. Le juge peut considérer la clause comme abusive. »

La prévention contractuelle

La solution idéale repose sur une combinaison :

  • Des contrats clairs avec des clauses de limitation bien rédigées
  • Des processus de développement robustes (revue de code, tests)
  • Une assurance adaptée au niveau de risque réel
  • Une évaluation honnête de sa capacité à assumer les conséquences d’une défaillance

« Tu ne peux pas dire après coup : “Oh ben ça va aller, c’est pour le meilleur.” »


Assurance cyber : entre opportunité et illusion

Un boulevard pour les assureurs ?

L’augmentation des risques pourrait théoriquement profiter aux assureurs cyber. Mais la réalité est plus nuancée :

« Ce n’est pas un boulevard. Il faut travailler parce que tant qu’il y aura des entrepreneurs qui ont construit sur du sable… »

La difficulté de cadrer les activités

Pour Gérard, courtier, le principal défi est de définir précisément ce que fait l’entreprise assurée :

« La plus grosse difficulté, c’est de cadrer l’activité. “Je fais ci, je fais ça, je fais ça” – comment tu l’assures ? Ça va lui coûter 10 000 € par an, ce qui n’est pas dans son budget. »

Cette difficulté à catégoriser reflète la porosité croissante entre les métiers du numérique, où un même prestataire peut intervenir en développement, data, IA, hébergement et sécurité.

La responsabilité civile numérique est un marché en construction

Contrairement au bâtiment où les métiers et les responsabilités sont bien définis, le numérique reste flou. Cette imprécision crée des zones grises juridiques :

« Les tribunaux vont parfois chercher la responsabilité en fonction des garanties d’assurance existantes. Si le maçon n’est pas assuré, on va chercher le maître d’œuvre, même s’il n’est pas intervenu. »

Le grand fossé franco-américain de la culture du risque

Une approche proactive vs une approche réactive

La différence fondamentale entre la France et d’autres cultures, notamment anglo-saxonnes, réside dans la perception de la responsabilité individuelle :

« Dans d’autres cultures, tu es laissé par toi-même, donc tu dois être proactif. Tu prends soin de ta maison, tu débroussailles. »

En France, en revanche, on attend souvent de l’État ou des institutions qu’ils règlent les problèmes. Cette mentalité s’applique malheureusement aussi à la cybersécurité.

Le numérique perçu comme un coût, pas comme un investissement

« Le numérique en France est perçu comme un coût, et pas comme un investissement. On ne voit pas le retour sur investissement. »

Cette vision à court terme explique pourquoi beaucoup d’entreprises choisissent des solutions moins chères, sans mesurer les risques sous-jacents. L’économie réalisée sur le prestataire se transformera peut-être en perte décuplée lors de la première crise.

La bombe à retardement des fuites de données

Des millions de données dans la nature

Les fuites de données massives se multiplient. Des dizaines de millions d’enregistrements sont exposés chaque année, contenant des informations personnelles, bancaires, médicales ou stratégiques.

« On a très peu de mises en cause financière après des fuites de données, mais rien n’empêche que ça arrive demain. »

Le risque de responsabilité

Le jour où des victimes se retourneront collectivement contre les responsables de ces fuites, les montants en jeu seront colossaux. Ce risque, encore largement sous-estimé, pourrait transformer le paysage de l’assurance cyber dans les années à venir.

« C’est un peu comme les feux de forêt : on aurait pu y penser, mais on n’a pas voulu regarder. »

Run Innovation et Dolibarr

Au-delà de l’installation d’un logiciel, la véritable valeur ajoutée de Run Innovation réside dans son accompagnement global autour de Dolibarr, un ERP open source permettant aux entreprises de centraliser et piloter leurs activités.

Comme évoqué lors du podcast, disposer d’un outil numérique performant ne suffit pas : la sécurité des données, la continuité d’activité et la capacité à restaurer rapidement son environnement de travail sont devenues des enjeux majeurs pour les entreprises.

C’est précisément sur ces aspects que Run Innovation apporte une expertise différenciante. Là où Dolibarr peut être installé rapidement par n’importe quel utilisateur, Run Innovation accompagne ses clients dans la mise en place d’une véritable infrastructure professionnelle : configuration adaptée aux besoins de l’entreprise, sécurisation de l’environnement, sauvegardes quotidiennes et archivage externalisé des données.

La mise en place de sauvegardes hors site, hébergées sur un autre centre de données, permet notamment de renforcer la résilience de l’entreprise face aux incidents : panne matérielle, erreur humaine, corruption de données ou cyberattaque. L’objectif est clair : permettre une reprise d’activité rapide lorsque l’entreprise rencontre un événement critique.

Cette approche rejoint pleinement les enjeux abordés dans la table ronde : la cybersécurité ne consiste pas uniquement à empêcher une attaque, mais également à être capable de reconstruire son activité lorsque celle-ci survient.

Avec Dolibarr, Run Innovation propose donc une solution complète associant outil de gestion, accompagnement métier, protection des données et continuité d’activité. Une approche qui permet aux PME de bénéficier des avantages d’un ERP moderne tout en disposant d’un environnement fiable, sécurisé et durable.

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